Il n'y avait plus qu'a
ouvrir et à avaler. Ce serait simple. Difficile de croire que les
effets prétendus étaient vrais tellement ils avaient l'air peu communs avec ce que les dealers proposaient habituellement.
Jacques était curieux disait sa mère. Mais c'était faux, Jacques était avide d'expériences ce qui était très différent, et l'avait conduit a essayer de nombreuses drogues. En cette année 2050, ils en sortaient une nouvelle tous les semestres. Ces produits biens qu'illégaux etaient très soignesement markettés.
Jacques était curieux disait sa mère. Mais c'était faux, Jacques était avide d'expériences ce qui était très différent, et l'avait conduit a essayer de nombreuses drogues. En cette année 2050, ils en sortaient une nouvelle tous les semestres. Ces produits biens qu'illégaux etaient très soignesement markettés.
Les antiquités
Le LSD était relégué aux antiquités, ses effets étaient considérés comme stupidement hallucinatoires et occasionnelement dangereux en cas de crise paranoïaque. Il apparraissait comme une viellerie,
un passage nécessaire pour les pionniers héroïques de l'époque qui
n'avait pas d'autres choix. Ce que ces "pionniers" ne savaient pas c'est
que le LSD était le membre un peu attardé d'une prestigieuse famille :
les abstractines.
Les abstractines pouvait être calibrées pour faire vivre des expériences rellement très puissantes. La dernière qu'avait essayé Jacques était la mathématine. Elle avait décuplé ses facultés de compréhension en mathématiques et lui avait permis pendant les 4 mois de traitement d'aborder des concepts qu'il ne se serait jamais cru capable de comprendre un jour.
Mais sur le fond une drogue était une drogue, et malgré les très nombreuses mises en garde la mathématine avait ses effets ravageurs. Ceux qui la prenait devenait profondément conscients des mystères incroyables que les mathématiques recelaient et absorbaient toujours plus de théories pour s'approcher de réponses qui leur semblaient toujours plus proches, plus profondes. On les retrouvaient souvent morts dans leur appartement, complétement dénutris. Il n'y avait pas de dépendances physiques, mais quand on cessait d'en prendre, même si l'on avait pas oublié ce que l'on avait appris, l'esprit parraissait outrageusement lent et maladroit.
De ce coté Jacques avait toujours eu la faculté de se dégager. A son grand etonnement ce ne fut pas la sensualine ou la spriritualine qui lui avait posé le plus de difficultés mais réellement la mathématine. Il ne pouvait pas décrocher, car il se sentait toujours sur le point de trouver la loi d'appartition des nombres premiers. Un matin alors qu'il s'appretait a reprendre sa dose, il vit son visage dans le mirroir de la salle de bain. Il leva la main de la petite dosette et décida d'arréter. Sans autres façons. C'était ça Jacques, c'était sa force. Il était temps.
Jacques laissa passer une année entière après l'expérience de la mathématine, pour reprendre contact avec la réalité.Il avait cheminé, il avait vu le piège de toutes ces drogues, même de celles qui parraissaient hautement intelectuelles comme la mathématine. Si un dealer venait demain lui proposer la philosophine, bien qu'elle n'existât pas encore, il la refuserait certainement. Mais comprendre un piège ne semblait pas suffire pour se libérer de son attraction. Il avait envie de revivre quelquechose de très intense.
Jacques avait besoins de marcher seule dans la rue comme à chaque fois qu'il devait se redéterminer. Il s'avait que cette avidité pour les expériences fortes, aussi élevées et abstraites soient-elles, conduisaient toujours à la même situation: une impression d'être toujours sur le point de franchir une étape importante sans jamais vraiment la franchir, car la réponse à la question fatidique allait inmanquablement en créer une nouvelle encore plus profonde et plus difficile. Finalement on s'enfermait sur ces questions et on négligeait tout le reste à commencer par soi-même.
L'inconscient est un peu comme le hasard il fait bien les choses, et les pas de Jacques l'avait conduit devant l'appartement de Raymond, le dealer chez qui il avait trouvé la mathématine. Un an et demi qu'il n'avait pas remis les pieds chez lui. Etait-il toujours là ? Quelles expériences a-t-il vécu lui de son coté ? Quels expériences ses clients lui auraient-ils rapporter ? Il se connaissait depuis le lycée, avait failli devenir de vrais amis mais n'y était pas parvenu sans que Jacques comprennent pourquoi. Quand le rire s'installait une distance infime se creusait entre eux juste avant que la complicté s'installe. Etrange, systématique et incompréhensible, il fallut s'en accomoder.
Un an et demi était passé, il y avait forcément aussi des nouveautés qui ont du arriver sur le marché. Impossible de résister à la curiosité.
- Qui est-ce ? Il est 21h c'est pas sympa de sonner à cette heure !
Ainsi parlait Raymond, le dealer est un statut social très dificile à tenir. Il est situé entre le Chaman, le mec cool qu'est pote avec tout le monde, le hors la loi et aussi le commerçant. C'est pourquoi expliquer à ses potes-clients-disciples que sonner à 21h quand on avait envie de se coucher conduisait à certaines contradictions.
- C'est moi Jacques, excuse moi je repasserai plus tard.
- Jacques ! Tu es revenu parmi nous ! C'est pas grave, monte faut que tu me racontes ça.
Jacques lui raconta son expérience. Puis après avoir bavardé sur l'attachement aux expériences spirituelles intenses, il ne put résister :
Les abstractines pouvait être calibrées pour faire vivre des expériences rellement très puissantes. La dernière qu'avait essayé Jacques était la mathématine. Elle avait décuplé ses facultés de compréhension en mathématiques et lui avait permis pendant les 4 mois de traitement d'aborder des concepts qu'il ne se serait jamais cru capable de comprendre un jour.
Mais sur le fond une drogue était une drogue, et malgré les très nombreuses mises en garde la mathématine avait ses effets ravageurs. Ceux qui la prenait devenait profondément conscients des mystères incroyables que les mathématiques recelaient et absorbaient toujours plus de théories pour s'approcher de réponses qui leur semblaient toujours plus proches, plus profondes. On les retrouvaient souvent morts dans leur appartement, complétement dénutris. Il n'y avait pas de dépendances physiques, mais quand on cessait d'en prendre, même si l'on avait pas oublié ce que l'on avait appris, l'esprit parraissait outrageusement lent et maladroit.
De ce coté Jacques avait toujours eu la faculté de se dégager. A son grand etonnement ce ne fut pas la sensualine ou la spriritualine qui lui avait posé le plus de difficultés mais réellement la mathématine. Il ne pouvait pas décrocher, car il se sentait toujours sur le point de trouver la loi d'appartition des nombres premiers. Un matin alors qu'il s'appretait a reprendre sa dose, il vit son visage dans le mirroir de la salle de bain. Il leva la main de la petite dosette et décida d'arréter. Sans autres façons. C'était ça Jacques, c'était sa force. Il était temps.
Jacques laissa passer une année entière après l'expérience de la mathématine, pour reprendre contact avec la réalité.Il avait cheminé, il avait vu le piège de toutes ces drogues, même de celles qui parraissaient hautement intelectuelles comme la mathématine. Si un dealer venait demain lui proposer la philosophine, bien qu'elle n'existât pas encore, il la refuserait certainement. Mais comprendre un piège ne semblait pas suffire pour se libérer de son attraction. Il avait envie de revivre quelquechose de très intense.
Jacques avait besoins de marcher seule dans la rue comme à chaque fois qu'il devait se redéterminer. Il s'avait que cette avidité pour les expériences fortes, aussi élevées et abstraites soient-elles, conduisaient toujours à la même situation: une impression d'être toujours sur le point de franchir une étape importante sans jamais vraiment la franchir, car la réponse à la question fatidique allait inmanquablement en créer une nouvelle encore plus profonde et plus difficile. Finalement on s'enfermait sur ces questions et on négligeait tout le reste à commencer par soi-même.
L'inconscient est un peu comme le hasard il fait bien les choses, et les pas de Jacques l'avait conduit devant l'appartement de Raymond, le dealer chez qui il avait trouvé la mathématine. Un an et demi qu'il n'avait pas remis les pieds chez lui. Etait-il toujours là ? Quelles expériences a-t-il vécu lui de son coté ? Quels expériences ses clients lui auraient-ils rapporter ? Il se connaissait depuis le lycée, avait failli devenir de vrais amis mais n'y était pas parvenu sans que Jacques comprennent pourquoi. Quand le rire s'installait une distance infime se creusait entre eux juste avant que la complicté s'installe. Etrange, systématique et incompréhensible, il fallut s'en accomoder.
Un an et demi était passé, il y avait forcément aussi des nouveautés qui ont du arriver sur le marché. Impossible de résister à la curiosité.
- Qui est-ce ? Il est 21h c'est pas sympa de sonner à cette heure !
Ainsi parlait Raymond, le dealer est un statut social très dificile à tenir. Il est situé entre le Chaman, le mec cool qu'est pote avec tout le monde, le hors la loi et aussi le commerçant. C'est pourquoi expliquer à ses potes-clients-disciples que sonner à 21h quand on avait envie de se coucher conduisait à certaines contradictions.
- C'est moi Jacques, excuse moi je repasserai plus tard.
- Jacques ! Tu es revenu parmi nous ! C'est pas grave, monte faut que tu me racontes ça.
Jacques lui raconta son expérience. Puis après avoir bavardé sur l'attachement aux expériences spirituelles intenses, il ne put résister :
Les nouveautés ou les nouvelles
- Et alors, en un an et demi il y a bien un ou deux nouveau chef d'oeuvre de la chimie qui ont du sortir non ?
- Et bien détrompe toi, jusqu'à mardi dernier, seul la mathématine faisait encore des emerveillés. Tous les nouveaux gros block-busters se sont averrés être des navets. Soit on les connaissait déjà, soit il te collait dans des états obsessionnels dont on faisait vite le tour.
-Jusqu'à mardi dernier ?
-Oui mardi j'ai reçu la visite d'un expro, que tu connais d'ailleurs, c'est Fabrice. Il m'a parlé d'un produit réellement différent qu'ils nosent pas encore mettre sur le marché.
Jacques connaissait bien Fabrice, et pour cause il aurait révé de faire son boulot. Quand on est passionné d'expérience nouvelles comme lui, devenir expro (Expérimentateur Professionnel) c'était avoir réussir sa vie. L'expro n'était pas seulement l'expert dont l'avis allait permettre aux chimistes de passer à la mise en production. Mais quand ils avaient rendu un avis favorable, il devenait aussi l'évangéliste de ce nouveau produit.
- Et alors de quoi t'a-til parlé l'ami Fabrice ?
- De la réalitine !
- Ah elle est bonne celle là, tu débourses 2000 euros pour faire l'expérience de la réalité, c'est ça ?
Raymond gardait le silence en souriant.
- Raymond c'est pas sérieux ! C'est comme si tu vendais l'eau au poisson et le ciel aux oiseaux, la réalité on baigne dedans toute la journée. C'est une anti drogue ton truc, on prend des produits pour faire précisément l'expérience d'autre chose que la réalité, alors ...
- C'est justement là que tu te trompes.
- Que je me trompe où ?
- Que tu te trompes quand tu dis que la réalité tu baignes dedans toute la journée, c'est juste profondément inexacte.
- Ah bon et alors dans quoi je baigne alors si c'est pas dans la réalité.
- Tu baignes dans l'illusion, entre la réalité et ta conscience il y a quelques intermédiaires, déjà quand tu me regardes qu'est-ce que tu vois ?
- Bah ... Je te vois toi tout betement assis dans ton fauteuil.
- Ouh la la ! C'est là que le tout bêtement prend un tout autre sens. Est-ce que je ne suis pas un tas de chair, d'os, de sang, assis dans un paquet de bois et de tissus assemblés formant un corps dans un fauteuil ?
- Certes, mais honêtement ne me dis pas que c'est naturel comme façon de ressentir cette situation.
- Non ça n'est pas naturel, et c'est là que tu mets le doigt dessus. Percevoir la réalité telle qu'elle est ça n'est pas du tout naturel ! Pourtant la chair, les os, le bois les tissus tu les as totalement oublié, tu donnes plus d'importance à l'assemblage symbolique "Raymond dans son fauteuil" qu'à ce qu'il est vraiment.
- Ok et alors ?
- C'est juste un tout petit exemple facile à comprendre de ce que tes habitudes mentales te font rater, maintenant devant ce constat on peut se demander ce l'on rate d'autres ? Combien de personnes m'ont dit tout ce qu'ils n'avaient pas pu voir simplement parceque leur inconscient avait surimposé un voile illusoire pour leur éviter de toucher une vérité douloureuse ...
- Attends, ok tous ces voiles ou tous ses assemblages symboliques comme tu dis, ils ont deux ou trois fonctions quand même ! Par exemple c'est pas pratique tous les jours d'aller a boulot, et de se dire du soir au matin qu'on a plus de collègues mais des tas d'os, de chair et de sang qui nous demande où on a rangé un tas d'octets dans un système d'information organisé en arborescences. Et puis si on est laid, c'est bon de l'oublier un peu de temps en temps bon sang. T'imagine pour une femme violée vivre chaque seconde de sa vie avec le souvenir exact de ce qui lui est arrivé. Heureusement qu'on n'a pas conscience de la pure réalité ce serait une expérience ...
- Incroyable ?
Là Raymond venait de marquer un point. Oui vivre quelques instants de pure contact avec la réalité serait en fait une expérience parfaitement incroyable mais ne serait-ce pas aussi une expérience extrèment douloureuse ? Les questions commençaient à s'entrechoquer, pour pouvoir faire une telle expérience il faudrait pouvoir rester totalement égale face à la souffrance.
Ou alors est-ce que cela n'est pas notre refus de la réalité qui nous conduit à la souffrance ?
De vielles questions se réveillaient en Jacques, des questions d'une époque adolescente ou l'on s'interroge naïvement mais obstinément sur les abbération du monde adulte. Puis un jour il a rencontré Julie et mis une sourdine à tout ces pourquois, l'amour était la réponse pensait-il.
Julie et lui c'était finie, elle ne supportait plus les choix de vie qu'impliquait toutes ces expériences, et maintenant on lui proposait de faire l'expérience directe de la réalité. La réponse aux questions avait fait ses valises, et Jacques avaient poursuivi ses expériences.
Maintenant les expériences perdaient leur intéret, les questions ressurgissaient et avec elles l'opportunité de faire une expérience ultime, un contact direct avec la réalité.
- Et alors Fabrice est-ce qu'il a essayé ?
- Et bien détrompe toi, jusqu'à mardi dernier, seul la mathématine faisait encore des emerveillés. Tous les nouveaux gros block-busters se sont averrés être des navets. Soit on les connaissait déjà, soit il te collait dans des états obsessionnels dont on faisait vite le tour.
-Jusqu'à mardi dernier ?
-Oui mardi j'ai reçu la visite d'un expro, que tu connais d'ailleurs, c'est Fabrice. Il m'a parlé d'un produit réellement différent qu'ils nosent pas encore mettre sur le marché.
Jacques connaissait bien Fabrice, et pour cause il aurait révé de faire son boulot. Quand on est passionné d'expérience nouvelles comme lui, devenir expro (Expérimentateur Professionnel) c'était avoir réussir sa vie. L'expro n'était pas seulement l'expert dont l'avis allait permettre aux chimistes de passer à la mise en production. Mais quand ils avaient rendu un avis favorable, il devenait aussi l'évangéliste de ce nouveau produit.
- Et alors de quoi t'a-til parlé l'ami Fabrice ?
- De la réalitine !
- Ah elle est bonne celle là, tu débourses 2000 euros pour faire l'expérience de la réalité, c'est ça ?
Raymond gardait le silence en souriant.
- Raymond c'est pas sérieux ! C'est comme si tu vendais l'eau au poisson et le ciel aux oiseaux, la réalité on baigne dedans toute la journée. C'est une anti drogue ton truc, on prend des produits pour faire précisément l'expérience d'autre chose que la réalité, alors ...
- C'est justement là que tu te trompes.
- Que je me trompe où ?
- Que tu te trompes quand tu dis que la réalité tu baignes dedans toute la journée, c'est juste profondément inexacte.
- Ah bon et alors dans quoi je baigne alors si c'est pas dans la réalité.
- Tu baignes dans l'illusion, entre la réalité et ta conscience il y a quelques intermédiaires, déjà quand tu me regardes qu'est-ce que tu vois ?
- Bah ... Je te vois toi tout betement assis dans ton fauteuil.
- Ouh la la ! C'est là que le tout bêtement prend un tout autre sens. Est-ce que je ne suis pas un tas de chair, d'os, de sang, assis dans un paquet de bois et de tissus assemblés formant un corps dans un fauteuil ?
- Certes, mais honêtement ne me dis pas que c'est naturel comme façon de ressentir cette situation.
- Non ça n'est pas naturel, et c'est là que tu mets le doigt dessus. Percevoir la réalité telle qu'elle est ça n'est pas du tout naturel ! Pourtant la chair, les os, le bois les tissus tu les as totalement oublié, tu donnes plus d'importance à l'assemblage symbolique "Raymond dans son fauteuil" qu'à ce qu'il est vraiment.
- Ok et alors ?
- C'est juste un tout petit exemple facile à comprendre de ce que tes habitudes mentales te font rater, maintenant devant ce constat on peut se demander ce l'on rate d'autres ? Combien de personnes m'ont dit tout ce qu'ils n'avaient pas pu voir simplement parceque leur inconscient avait surimposé un voile illusoire pour leur éviter de toucher une vérité douloureuse ...
- Attends, ok tous ces voiles ou tous ses assemblages symboliques comme tu dis, ils ont deux ou trois fonctions quand même ! Par exemple c'est pas pratique tous les jours d'aller a boulot, et de se dire du soir au matin qu'on a plus de collègues mais des tas d'os, de chair et de sang qui nous demande où on a rangé un tas d'octets dans un système d'information organisé en arborescences. Et puis si on est laid, c'est bon de l'oublier un peu de temps en temps bon sang. T'imagine pour une femme violée vivre chaque seconde de sa vie avec le souvenir exact de ce qui lui est arrivé. Heureusement qu'on n'a pas conscience de la pure réalité ce serait une expérience ...
- Incroyable ?
Là Raymond venait de marquer un point. Oui vivre quelques instants de pure contact avec la réalité serait en fait une expérience parfaitement incroyable mais ne serait-ce pas aussi une expérience extrèment douloureuse ? Les questions commençaient à s'entrechoquer, pour pouvoir faire une telle expérience il faudrait pouvoir rester totalement égale face à la souffrance.
Ou alors est-ce que cela n'est pas notre refus de la réalité qui nous conduit à la souffrance ?
De vielles questions se réveillaient en Jacques, des questions d'une époque adolescente ou l'on s'interroge naïvement mais obstinément sur les abbération du monde adulte. Puis un jour il a rencontré Julie et mis une sourdine à tout ces pourquois, l'amour était la réponse pensait-il.
Julie et lui c'était finie, elle ne supportait plus les choix de vie qu'impliquait toutes ces expériences, et maintenant on lui proposait de faire l'expérience directe de la réalité. La réponse aux questions avait fait ses valises, et Jacques avaient poursuivi ses expériences.
Maintenant les expériences perdaient leur intéret, les questions ressurgissaient et avec elles l'opportunité de faire une expérience ultime, un contact direct avec la réalité.
- Et alors Fabrice est-ce qu'il a essayé ?
- Et bien non ! Très etonnant
de sa part, en fait. Fabrice a un principe, essayer seul tous les
nouveaux produits. Mais là j'ai l'impression qu'il flippe. Il m'a avoué
qu'il recherchait un partenaire.
- Et tu t'es pas proposé ?
- Non sincèrement si Fabrice flippe moi je tremble !
- Dis lui que moi je serai prêt à l'accompagner
- Sérieux
- Sérieux, je suis à un point de ma vie où cette expérience est précisément ce que je recherche. j'ai l'impression Raymond que t'as raison la réalité c'est l'expérience que j'ai jamais osé tenté.
Passage à l'acte
Deux jours et trois coups de fil plus tard, Fabrice et Jacques avait réservé le gite au milieu de la fôret, acte coutumier des expro quand il demarre un produit qu'ils sentent aussi révolutionnaires que dangereux. Les voila tous deux assis sur le canapé, il n'y avait plus qu'à ouvrir et avaler.
Jacques
avait amené deux verres sur un plateau rond avec les deux sachets, et
voilà "le festin du réel" dit-il en plaisantant pour rassurer Fabrice.
Fabrice était blanc, quelque chose de toute évidence dans cette expérience lui faisait peur. Mais Fabrice était un pro, un expro, et un expro
vraiment pro sait que quand les sachets sont sur la table c'est comme
quand le plongeur est au bout de la planche. On ne revient pas sur ses
pas. Il attrape rapidement un des sachets, l'ouvre, l'avale, et puis se dit que finalement c'est son boulot avec ses charmes et ses difficultés.
Jacques
est surpris et se demande s'il ne devrait pas attendre un petit peu
puisque maintenant il pourrait voir de quoi il en retourne, mais cette
pensée couarde stimula sa fierté, il saisit à son tour le sachet et
avala.
Puis cela vint.
C'était
simple en fait et très direct, il n'avait plus de pensées, juste
conscience de ce qu'il vivait. Il regardait le mur et ne ressentit pas
le besoin de regarder ailleurs.
Il
eut faim et proposa à Fabrice de manger. Ce qu'ils firent. Le repas fut
simple, non pas qu'il ne fut pas bon mais il n'avait plus cet effet où
il avait toujours une sensation de ce qu'il allait manger avant de
l'avoir mis à la bouche. Il attendait que chaque sensation prenne place
dans sa bouche mais il ne porta aucun jugement sur elle, ni agréable ni
désagréable juste salée ou sucrée. Il ne fit pas d'effort pour se forcer
à manger ou pour s'arréter.
Il n'avait pas de désir particulier, c'était étrange, pas comme avec la mathématine
qui provoque un besoin puissant de faire des maths. Non là on avait
envie de rien de spécial, même pas que cette expérience se prolonge.
Bizarrement cette expérience semblait permanente. Comme si finalement
c'était là depuis le début. Cela semblait irreversible comme lorque l'on voit quelque chose qui a toujours été sous notre nez, on ne peut redevenir ignorant.
Ils rendirent le gite dans un état égal et prirent le train. C'est là que les choses commencèrent à se gater.
Une fille avec un portable entre les wagons pleurait, elle ne
comprenait pas pourquoi son ami voulait la quitter. Il ne comprenait pas
comment on ne pouvait pas percevoir l'impermanence de toute
composition, pourquoi pleurer sur ce qui par nature devait se séparer.
Il vit un homme mettre une amende à un autre, comme si ces deux hommes appartenait a deux univers séparés par le respect de la loi.
La réalité
-Si cette
homme était votre fils, est-ce que vous lui donneriez cette amende ?
Demanda Jacques avec un ton sincèrement curieux, absolument pas
moraliste.
Le controleur
avait l'habitude de ces espèces de solidarités inattendues entre
voyageurs et contrevenants, il allait renvoyer l'une de ces réponses
standards. Mais le ton dans la voix de Jacques n'avait aucune animosité
et la phrase se posa tranquillement dans l'esprit du contrôleur pour
devenir une véritable question. Le contrôleur repensa à son fils avec
qui il ne parlait plus depuis le divorce, qu'il avait porté contre son coeur quand il était né, à qui il a montré comment on faisait du feu et comment l'on pêche. Qu'il a porté évanoui apres
la chute de vélo jusqu'aux urgences en ne sachant plus à quel saint se
vouer, mais que Dieu lui a finalement rendu dans sa miséricorde. Son
fils qu'il n'avait plus revu depuis 10 ans. Ces Week end a attendre que les journées passent alors qu'il aurait pu s'occuper de ses petits enfants.
Le contrôleur ne disait plus rien, le contrôleur ne contrôlait plus ses émotions, la question venait d'ouvrir une brêche et la pression interne ne laissait aucune chance de colmatage.
-
Mais Monsieur faut pas pleurer, vous savez des amendes j'en ai souvent,
vous pensez bien que je les paye pas! Grâce à Jacques Chirac on a une
amnistie tous les 5 ans maintenant, alors vous pensez bien.
-Non c'est pas pour ça.
Le contôleur chercha du regard Jacques, pour lui dire qu'il n'avait pas le droit de se méler
de ce qui ne le regarde pas. Mais dans le regard de Jacques il y avait
une sorte de compréhension simple et directe de sa souffrance, comme si
Jacques aurait pu aussi le vivre. Il se remit à pleurer c'était plus
fort que lui.
Jacques
se dit que c'était la première fois qu'une drogue qu'il avait pris lui,
semblait surtout affecter les autres. Le contrôleur s'assit sur le
strapontin silencieux. Jacques rejoignit Fabrice.
-C'est vraiment pas une expérience classique, tu connais le principe de cette drogue ?
-De ce que m'en a dit le biologiste, ils ont identifié chez des méditants tibétains la production de certains neuro-transmetteurs qui amene le sujet a
ne pas donner de suite à ses pensées ou à ses ruminations. Au bout d'un
certain temps être conscient devient la seule activité. Mais c'est un neuro-transmetteur extrèmement complexe et que l'on ne trouve que chez les grands pratiquants, ils ont réussi à le resynthétiser. C'est un vrai exploit technique.
-Tu vois j'en prendrai bien pour le restant de mes jours
- Moi aussi mais bizarrement ce serait pas pour moi, ce serait juste pour ...
- Etre un avec le monde ?
- Oui, oui c'est ça, enfin je sais pas. Demain on ira voir ensembles les biologistes.
Le maitre
Le biologiste était formel
- Je veux bien vous en redonner mais le
problème c'est que ça ne marche qu'une fois, dès que le corps connait
la molécule le réflexe de suivre ses pensées revient et augmenter les
doses ne change rien
Jacques était dépité, c'était innaceptable
- Et les tibétains comment font-ils pour le revivre plus souvent ?
-Il y a d'autres composants chimiques qui accompagnent ce neuro-transmetteur, ces composants modifie sa structure spatiale au point d'en faire chimiquement quelquechose de différent à chaque séance de méditation
- Mais la production de ces composants ne peut pas être reproduite ?
- Non c'est là que ça se corse, ces composants changent à chaque séance, chez leur maitre c'est pire il sont constament produits et modifiés séance de méditation ou pas. Trouver et resynthétiser ce neuro-transmetteur nous a pris 3 ans. Reproduire un jeu de composant similaires différent à chaque fois qu'on en prendrait nous demanderait autant voir plus de temps. Malheuresement ce produit fût passionnant sur le plan scientifique mais catastrophique sur le plan financier.
- Qu'ont fait les autres expro qui ont tenté avant nous alors ?
- Il n'y en a qu'un autre, on a préféré être prudent sur ce coup là, quand il en a repris il est venu nous voir pour nous dire que cela ne faisait plus rien. On a pu alors analysé ce que je viens de vous expliquer.
- Daccord mais alors qu'a-t-il fait ?
- Il est parti rejoindre le maitre.
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