Vendredi
Vendredi enfin ! C'est le jour ou l'on a le droit de se bourrer la gueule. Ou pour le dire dans des termes plus chastes, le jour où l'on a le droit de s'ennivrer.
On peut se demander pourquoi pas Jeudi. Ou même pourquoi pas tous les jours !
En fait quand j'allais au lycée, je fumais du hash quand l'opportunité se présentait. Je n'avais pas de règles. Pourquoi je ne fumais pas tous les jours : parceque je n'en avais pas envie ou alors pas d'opportunité.
En y repensant je ne suis plus sur, est-ce que dans ma jeunesse je me régulais ou était-ce les contingences de l'époque qui faisait que je ne commettais pas d'éxcès. Je n'arrive plus à me souvenir.
Mais le corps lui, sait très bien quand il faut s'arréter. Il suffit de ne pas parler plus fort que lui pour que sa voie domine. Et parfois, il m'ordonne de m'emnivrer.
Oui cela peut choquer mais c'est vrai. L'ivresse participe de l'équilibre.
Combien de fois je ne l'ai pas écouté mon corps. Combien de fois était-il fatigué, las de ces verres que je reprenais, de ces cigarettes que j'enflammais. Et pourtant, je les avalais, je les fumais.
C'est ici qu'intervient la discipline. On peut croire que c'est une posture mentale consistant à se laisser guider par des règles rigides, des programmations déconnectés des besoins, mais quand on la pratique on se rend compte qu'elle constitue une opportunité de laisser d'autres choses s'exprimer.
De temps en temps dans ma vie je choisis de ne me plus m'ennivrer de bouffe, car il est presque permanent chez moi de trop manger. Puis las, fatigué des mauvaises conscéquences de ces comportements je décide de me rationner. Et là au bout de quelques jours seulement je ressens un sentiment exquis de maitrise, et mes capacités intellectuelles reviennent. Je me sens alerte, vif, espiègle, prêt à beaucoup.
Enfin, je lache, je me dis qu'il vaut mieux revenir à ma médiocrité pour rester accessible. Je n'ai plus qu'à me morfondre sur ma balance.